RENCONTRE AVEC UN MAÎTRE DU CINE


Claude Carliez en juin 2010 au château de Vayres près de Libourne

Du « Bossu » à « La Fille de d’Artagnan », maître Claude Carliez a signé nombre duels de film de cape et d’épée, sans oublier des pièces de théâtre et même des opéras. Confidences en exclusivité pour notre salle d’Armes.

La pratique de l’escrime sportive est-elle un plus pour celle de l’escrime artistique ?
Claude Carliez : Sûrement. L’escrimeur artistique sera plus rapide dans ses fentes et ses déplacements. Cet escrimeur aura aussi un vrai sens de la parade et de la riposte. En revanche, son maître d’escrime artistique devra lui apprendre à ralentir ses coups et à ne pas toucher. Pour la pratique de l’artistique, son maître d’armes devra faire attention à lui enseigner les mouvements et les actions justes et spectaculaires. Car, dans la gestuelle, l’escrimeur sportif est moins élégant.

Pratiquer l’escrime artistique est-il intéressant pour l’escrimeur sportif ?
Oui. Le sportif aura un atout à connaître ces techniques artistiques, développera une intelligence du combat et connaîtra les nombreuses positions de l’escrime telle qu’on la pratiquait avant et affinera ses réflexes.

Avez-vous un personnage historique de bretteur favori ?
Avec le temps, j’ai découvert le parcours étonnant du chevalier de Saint-George (1745-1799) dont la vie est un roman et qui fut aussi fin bretteur que grand compositeur. D’après les témoignages, il fut un champion d’escrime d’exception. Son destin est fascinant.

Quel film vous a marqué ?
Je ne vais pas parler des films de cape et d’épée que j’ai réglés. Mais « Scaramouche » , de George Sidney avec Stewart Granger et Mel Ferrer, tourné en 1952, reste une référence. La scène finale de duel est splendide et, face à Mel Ferrer, qui, danseur de formation, est d’une élégance rare, Stewart Granger incarnait parfaitement le héros musclé, physique. Quelques années plus tard, j’ai fait un « Scaramouche » dans lequel Gérard Barray était très convaincant. Mais, nous n’avions pas les mêmes moyens : Mel Ferrer m’a raconté qu’il avait travaillé six mois avant le film. Et le combat final du film de George Sidney avait nécessité une semaine de tournage. Moi, pour le film de Isasi-Isasmendi, j’ai eu deux jours…

Propos recueillis par François Cardinali