Escrime : Casanova renaît de ses cendres


Laurence Sainseaux donne du fil à retordre à un Casanova sur le retour

Lors de la fête annuelle du club sportif du Cercle national des armées, j’ai fait , en compagnie de Laurence Sainseaux, revivre ce cher Casanova lors d’un combat à épée et canne épée pas toujours mouchetées. L’histoire ? Celle d’un vieux séducteur soudain rattrapé par son passé quand une jeune femme vient lui demander raison. Il ne saura qu’à la fin du combat les raisons de cette étrange rencontre. Sur la scène de la salle des fêtes du Cercle, un vent de romantisme, non dénué d’humour, a soufflé. Voilà quelques images pour se souvenir d’un moment festif et convivial. Pour l’intégralité, une seule solution : se connecter à cette adresse et découvrir toute l’histoire.

F.C.

Il était une fois...
Chez certains, le salut est question d'éducation

Quand le ciné nous fait voyager


sortie le 2 février

Trois films sortent cette semaine. Ils n’ont rien à voir entre eux. Hormis un regard original, distancié et émouvant sur l’étrange étranger.

Un amour qui n'est pas sur des ails

Avec « Carte des sons de Tokyo », Isabel Coixet choisit le dépaysement total au service d’un film d’atmosphère déroutant. L’histoire ? Celle d’une belle fille solitaire, Ryu, employée d’une halle à marée de Tokyo le jour, et ponctuellement tueuse à gages. Le jour où elle tombe amoureuse de sa « cible », David, un catalan tenant un commerce de vin, son destin bascule. Cette fois, la réalisatrice fait le grand saut et nous tient en haleine, plus par le décor du film, que par l’histoire elle-même dont on voit assez vite le dénouement. En fait, c’est la poésie de Tokyo qui nous embarque :  ambiance de ces hôtels d’amour aux couleurs bigarrées mais aussi lueurs blafardes de la halle à marée, des rues au petit matin.  Comme si l’histoire d’amour impossible entre la belle Ryu (Rinko Kikuchi, que l’on avait vue dans « Babel ») et Sergi Lopez, impeccable, avait besoin de cette ambiance quasi documentaire pour éclore.

(je vote 2 sur 5)

« Notre étrangère », ou l’histoire d’une quête. Celle d’Amy (Dorylia Camel), jeune métisse vivant en région parisienne, qui file au Burkina Faso pour chercher une mère dont elle fut séparée à l’âge de 8 ans. Pour son premier film de fiction, Sarah Bourgain met la barre haute en jouant sur un va-et-vient entre la France et le Burkina pour tisser les fils d’une histoire sur ces quêtes d’identité, cette absence de repères et la déchirure entre plusieurs cultures.  C’est aussi un film porté par les femmes, même si certaines figures masculines passent en toile de fond : de Nathalie Richard à Assita Ouedraogo, remarquée en battante dans « La Promesse » des frères Dardenne. Une belle errance sur les blessures familiales avec, en toile de fond, les décors des quartiers populaires des villes burkinabaises. Simplement, il faut aimer une certaine lenteur dans la narration (Je vote 2 sur 5)

Venu de Norvège, « Un Chic type », de Hans Petter Moland,  est une sorte de polar métaphysique.

Un héros ordinaire mais exemplaire

En plongeant dans l’univers de la banlieue d’Oslo, on découvre une vision pathétique de l’existence. Une sorte de fable au pessimisme gaie qui décrit le retour à la vie « normale » d’un ancien taulard, Ulrick. Alors qu’il veut prendre un nouveau départ, son ancien passé, par l’entremise de son ex patron mafieux, se rappelle à son souvenir…  D’emblée, on est saisi par l’acteur principal Stellan Skarsgard, absolument magnifique par l’économie de son jeu. Et surtout,  le réalisateur joue à merveille d’un décor déshumanisé comme l’est celui de bien des grandes villes modernes : bar miteux où la misère attire la misère, garage paumé et appartements qui se ressemblent tous Cette fable sur la vie moderne et les destins éparpillés n’en a alors que plus de sel. (Je vote 4 sur 5)

Au final, ces trois films sont autant de manière de voyager à travers des histoires qui échappent à une tendance nombriliste du ciné hexagonal.

F.C.