L’escrime aime le social


L’escrime a l’image d’un sport élitiste. Pourtant, ce sport lutte aussi contre les préjugés. La preuve dans une banlieue difficile de Lisbonne.

Elles sont une vingtaine de filles qui vivent dans un quartier difficile de la banlieue de Lisbonne au Portugal. Une fois par semaine, elles se retrouvent pour pratiquer l’escrime. Le journal L’Expresso a justement décrit ce combat contre les préjugés. De facto, l’escrime n’apparaît plus comme un sport destiné à une seule élite mais une activité physique qui permet de s’ouvrir aux autres.  Une introduction qui dépend de « Desperta no Desporto » (« Réveille-toi avec le sport ») qui propose, outre l’escrime pour les filles, le judo et le rugby pour les garçons. Symbolique, le lieu de travail est l’entrée du quartier rendu médiatique en juillet 2008 quand les chaînes portugaises ont montré des scènes de fusillade entre communautés tsigane et noir. Un quartier où avaient été relogées à la va-vite des familles quand il avait fallu libérer des terrains pour l’Exposition universelle de 1998. L’escrime et les autres sports sont une des facettes du retour de l’Etat dans le quartier. Le représentant de l’Etat, Rafael Lucas Pereira note : « On voulait une activité qui initie ces filles à la pratique sportive sans aller contre leur culture. Le masque les protège de l’observation extérieure et cela facilitait l’accord des familles. » Comme quoi, on peut manipuler un fleuret sans jouer les aristocrates de salon.

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