Une mémoire pour l’escrime


Présenté en sous-titre comme « Un vagabondage à travers les auteurs avec quelques appréciations personnelles »,  Escrime est un précieux manuel pour découvrir les auteurs qui ont pris la plume pour évoquer ceux qui croisaient le fer du 15ème au 19ème siècle.

Au fil des pages, Alfred Goemaere prouve qu’il est bien un escrimeur-amateur, mais très éclairé. Il évoque aussi bien les classiques : Angelo comme Capo Ferro, La Boëssière comme Le Perche. Mais il évoque aussi des auteurs connus, aujourd’hui tombé dans l’oubli tel l’Anglais Valdin qui connut une grande réputation, et écrivit un traité qui a aujourd’hui disparu. Pour chaque auteur, il signe des commentaires de connaisseur,  expliquant les apports de chaque auteur et signalant parfois où l’on peut trouver le livre au début du siècle dernier, date de parution de son ouvrage. Une mine d’informations pour les amateurs et les bibliophiles avec la reproduction de quelques planches pour agrémenter une lecture des plus agréables.

Une gravure tiré du traité de Giacomo di Grassi (1570)

 

Le vrai d’Artagnan…


Avec Le Véritable d’Artagnan, de Jean-Christian Petitfils (Ed. Tallandier), on apprend qui fut le Cadet de Gascogne dont la vie fut magnifiée par Alexandre Dumas.

On est resté avec l’image du héros des Trois Mousquetaires, ferraillant contre les troupes du cardinal et mettant son courage au service d’une Reine aux prises avec des félons. On découvre dans ce petit livre, comportant bien des documents inédits, le vrai visage de Charles de Batz Castelmore qui eut une vie sociale peu ordinaire et connut  une ascension qui ne le fut pas moins durant le Grand Siècle.  Derrière l’habitué des sièges et des guerres sous Louis XIV, d’Artagnan fut aussi (surtout?) l’homme qui s’occupa des missions délicates. Ainsi, on le suit pas à pas quand son roi décide la disgrâce de Fouquet, le surintendant emprisonné loin de Paris. Comme le dit l’abbé Boulliau, ce haut personnage fut gardé avec un luxe de précautions non parce que le Roi craignait de le voir fuir mais parce qu’il connaissait surtout « les secrets du gouvernement ».

D’Artagnan fut aussi l’artisan de l’emprisonnement de Lauzun comme le raconte un des chapitres instructifs du bouquin. Tué au siège de Maëstrich en juin 1673, le mousquetair fut pleuré par la cour. On dit même que Louis XIV fit célébrer dans sa chapelle privée un service funèbre in memoriam. C’est dire le rôle qu’a tenu le mousquetaire durant sa vraie existence…