Des mots face à la mort


Je viens de lire un petit livre, sorti il y a déjà quelques années, L’Adieu du samouraï (Editions Alternatives). Une découverte étrange des mots de ces guerriers à l’approche de la mort…

Les calligraphies de Keiko Yokoyama sont déjà une invitation à tourner les pages. Et puis, il y a ces vers, souvent déroutants pour des Occidentaux,   ces « jiseiku » ce qui signifie littéralement « quitter-ce-monde-poème. » Ces courts poèmes furent rédigés entre le XVème et le XVIème siècle par des samouraïs qui savaient leur fin prochaine. De ces époques troublées où les hommes vivaient entre batailles, alliances, trahisons, une vie des plus aventureuses.

On découvre avec étonnement ces vers qui sont souvent porteurs d’une belle sérénité et reflètent l’état d’esprit de ces guerriers, façonnés par une certaine idée de l’honneur. Ainsi ce texte signé de Date Masamune, mort en 1638 à 69 ans : « Sans nuage/ mon esprit disparaît avant la lune/ en éclairant ce monde d’illusion/ puis s’en va. » Ou encore, ce poème signé de Hosogawa Garasha, mort à 37 ans en 1600 :  « Même en connaissant bien l’instant/ où il faudra tomber, / au milieu de ce monde / une fleur reste une fleur/ un homme reste un homme. » Toute une philosophie de vivre et de mourir.

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