Une épée d’or pour Maître Castanet


Le samedi 5 mai, Jacques Castanet, maître d’armes et célèbre antiquaire de l’escrime, a reçu l’Epée d’or décernée par l’Académie d’Armes de France. Un prix pour services rendus à l’escrime. L’occasion aussi de parler d’un certain Alexandre Dumas.

C’est la copie de la célèbre épée de Charlemagne que maître Castanet a reçu des mains de Claude Carliez, grand nom du cinéma et président de l’Académie d’Armes de France (photo à gauche). Une récompense qui avait été reçue avant lui un autre nom important pour les bretteurs : maître Jacques Lacaze. Dans son discours, Jacques Castanet a d’ailleurs rendu hommage à son prédécesseur : « Il faut quelqu’un de marquant dans ma carrière. Recevoir un tel prix à sa suite n’est donc pas dénué d’émotions pour moi. »

Ce prix fut l’occasion pour les invités de se retrouver à quelques kilomètres de Paris dans le « Château de Monte-Cristo », la demeure que fit construire en 1847 , sur les collines du Port-Marly, Alexandre Dumas. Un cadre splendide où  il écrivit bien des œuvres dans le pavillon gothique baptisé « le château d’If » et où l’on voit encore le bureau sur lequel l’auteur prolixe composa tant d’œuvres à succès. Jacques Castanet en a profité pour offrir à la bibliothèque du lieu un roman rare : Le Maître d’Armes et d’un exemplaire du Petit Journal Illustré, paru le 13 juillet 1902 pour le centenaire d’Alexandre Dumas.

L’occasion de remettre ses pas dans ceux du romancier et de découvrir un cadre qui l’inspira. Il a même écrit parlant de cette propriété : « J’ai ici une réduction du paradis terrestre ». Un rêve fou : quand Dumas décida de construire ici un château renaissance, son architecte, Monsieur Durand, lui lança : « Mais monsieur Dumas, le sol est un fond de glaise, vos bâtiments vont glisser. » Dumas aimait les défis  : il fit donc creuser le sol jusqu’à la roche pour que les fondations de son château repose sur deux solides niveaux de cave.

Au gré des salles de la demeure, extraordinairement bien conservée, on découvre tout l’univers du maître. Un romancier qui était aussi bon vivant et fin gourmet et y organisait bien des soupers fins. Un homme courtisé. En 1847, jour de la pendaison de crémaillère, il avait envoyé cinquante invitations : 600 personnes furent, in fine, de la fête…  En 1869, Dumas écrivit même un dictionnaire de cuisine où figurent des recettes folles à la mesure de l’imagination du romancier, telle celle des pieds farcis d’éléphants ou les filets de kangourous.

En guise de conclusion, il faut se souvenir du témoignage de Balzac. Dans une lettre à Madame Hanska, il décrit cette propriété comme « une des plus délicieuses folies qu’on ait faites. C’est la plus royale bonbonnière qui existe. »

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