EN SOUVENIR D’UN MAÎTRE… SANS LE NOMMER


« Sans botte secrète » cette fois, ce maître a tiré sa révérence, comme le chantait Jean Sablon, un artiste qu’il aimait écouter, tout comme les mots de Charles Aznavour. Je voudrais sans le nommer  rendre hommage à un « honnête homme ».

RecadrageIl fut un homme d’action, il était aussi un homme de cœur et de valeurs.

Formé par deux frères corses qui, pénurie d’acier oblige, lui enseignèrent, dans sa bonne ville natale de Nancy, les rudiments du fleuret, en s’armant de… leur parapluie, son nom est aujourd’hui indissociablement liée à des années fastes du cinéma français et international, de la scène et du théâtre.

Jean Marais bien sûr ; Jean-Paul Belmondo sans conteste ; Bourvil ; Louis de Funès mais encore Yves Montand ; Alain Delon ; Jacques Brel ; Roger Moore en version James Bond ; Sophie Marceau jouant la fille de d’Artagnan ; Brigitte Bardot ; Catherine Deneuve ; Anthony Quinn, Kirk Douglas… sans oublier Herbert von Karajan et Johnny Hallyday : son nom se glissa au générique de films, de livrets d’opéra, de pièces de théâtre. Les aficionados du cinéma savent qu’il mit même son épée au service d’un Luis Buñuel…

S’entourant d’une fine équipe d’as de l’action, formée par ses soins, qui ne distillaient pas la mélancolie et s’activaient sérieusement sans jamais se prendre au sérieux, il a imaginé les scènes de cascades les plus étonnantes pour nous permettre de retrouver, sur l’écran blanc de nos nuits blanches, une âme d’enfant. Qui n’a pas rêvé à cette botte de Nevers exécutée d’une main leste par Jean Marais en 1959 et que ce maître avait imaginée en s’inspirant des quelques indications du roman de Féval ?

Si nul ne peut lui contester son savoir-faire, l’homme dont je parle – aujourd’hui qu’il n’est plus – a aussi enseigné un savoir être par son écoute, son sens de la transmission et sa tolérance même s’il savait, dans une conversation riche en anecdotes, offrir quelques touches verbales à fleuret moucheté. Lire la suite