Le sabre d’argent pour les Françaises


JO Tokyo 2021

Contrairement aux épéistes donnés favoris et rentrés bredouilles, les sabreuses françaises récupèrent une médaille d’argent par équipe au terme de matches où elles n’ont pas fait de la figuration, y compris devant les Russes, favorites, en finale.

Pour une fois, les pronostics ont été validés et c’est bien l’équipe de sabreuses russes qui a remporté la médaille d’or, mais non sans avoir été mené au score par l’équipe française composée de Cécilia Berder, Manon Brunet, Charlotte Lembach et la remplaçante Sara Balzer. Déjà médaillée de bronze en individuel, Manon Brunet a motivé ses équipières jusqu’au bout et les Françaises ne s’inclinent que de quelques touches en finale devant les Russes impériales(45-41). Il est vrai, la confrontation était rude : elles avaient face à elles la championne olympique en individuel, Sofia Pozdniakova, et sa dauphine Sofia Velikaya.

Manon Brunet qui mène…

 « On était venue pour l’or, mais on va la savourer cette médaille », a déclaré Charlotte Lembach (33 ans) devant les caméras de France Télévision juste après le dernier assaut de sa carrière. Au cours d’assauts très disputés, on a pu croire à un moment au miracle : c’était à 20-14 après le relais d’une Manon Brunet qui fut très inspirée tout au long de la journée et apparaît désormais comme la patronne du sabre français. Le passage à vide de Charlotte Lembach qui a encaissé un 11-3 de la part d’Elena Nikitina a hypothéqué les chances françaises de rectifier le tir, même si elles ont brillamment réussi à recoller au score dans la dernière ligne droite. « On est quatre filles avec quatre styles différents, on a confiance les unes dans les autres et on sait qu’on peut faire de grandes choses« , avait déclaré Manon Brunet à l’AFP avant la finale.

Championnes du monde en 2018 et deuxièmes en 2019, les sabreuses françaises ont confirmé qu’il fallait compter sur elles pour les grands rendez-vous. Avec elles, c’est la 19e médailles pour les Bleus aux JO de Tokyo qui est décrochées. Cette réussite est aussi celle d’un homme, Jean-Philippe Daurelle, l’entraîneur national en charge du sabre, et l’aboutissement d’un travail long de sept années : fin 2013, il avait repris l’équipe en main après des Mondiaux à Budapest complètement ratés. Sa gestion des troupes a été plus que payante…

L’équipe féminine de fleuret perd en finale


JO de Tokyo 2021


Les miracles ne se produisent pas tout le temps. Après la remontée fantastique face à l’équipe italienne en demi-finale ce matin, l’équipe de fleuret féminine n’a pas réitéré l’exploit face à la Russie. Pour autant, elle fait oublier les échecs personnels avec cette belle médaille d’argent.

45-43 après avoir été mené par plus onze touches : l’équipe féminine de fleuret a fait oublier les frustrations des épreuves individuelles face à la redoutable équipe italienne pour parvenir en finale de l’épreuve. Ysaora Thibus a marqué le cinquième relais en reprenant un avantage et en emportant la mise (7-5). Pourtant, même avec la rage de vaincre et de décrocher l’or olympique, le quatuor français n’a pas réussi à recommencer pareil exploit en finale face à l’équipe russe, solide sur tous les postes et fine tacticienne. Avec un score de 45-34, le Comité olympique russe n’a pas laissé beaucoup de chance au quatuor féminin français. Même si, une fois encore Ysaora Thibus a fait des merveilles. Dans son ultime duel face à la vice-championne olympique et triple championne du monde en titre (2015, 2017, 2019), Inna Deriglazova, la la Guadeloupéenne s’est encore imposée (6-5),mais elle n’a pu renverser la vapeur avec douze touches de retard quand elle est entrée en piste.

Pour autant, les fleurettistes françaises se sont bien battues et offrent à l’équipe féminine de fleuret une première médaille depuis 1984 – mais elle était en bronze- aux jeux Olympiques de Los Angeles. Commentaires de Ysaora Thibus : « On a été la chercher la médaille. En demi-finale, ce n’était pas simple. On s’est vraiment arraché pour venir jusqu’en finale (…) Ce n’est pas ce qu’on était venu chercher. Mais avec du recul, je sais qu’on saura profiter de cette médaille là« . 

A les voir monter en puissance durant ces JO, on mesure que cette équipe de fleurettiste a des atouts pour continuer à briller en compétition.

Manon Brunet oublie Rio


JO de Tokyo 2021


Au sabre, Manon Brunet a gagné une deuxième médaille pour l’escrime française. Cette médaille de bronze lui fait oublier la déconvenue de Rio où elle avait terminé au pied du podium.

Toute la matinée, Manon Brunet avait fait montre d’une grande maturité technique, d’une belle finesse de touche avec ses attaques très longues, jusqu’à son échec en demi-finale. Il y a cinq ans – elle avait 25 ans – la sabreuse avait échoué à la quatrième place. Cette fois, ce fut l’heure de sa revanche et Manon Brunet a su se remobiliser pour remporter un match sans vraie opposition face à la Hongroise Anna Márton (15 touches à 6).

Née en 1996 à Lyon, appartenant au Cercle d’escrime orléanais, cette droitière avait obtenu de très solides résultats en catégorie Junior : elle fut classée dans le top 10 mondial plusieurs années de suite, ce qui a justifié son intégration à l’INSEP au pôle France. En 2018, elle était devenue championne du monde de sabre par équipes avec Caroline Quéroli, Cécilia Berder et Charlotte Lembach. Et, pour la saison 2020/2021, elle est classée troisième au classement FIE, ce qui en fait la meilleure sabreuse française.

À Tokyo, il lui reste encore une occasion de montrer la puissance de son jeu. Ce sera lors de la compétition par équipe. Mais, pour Manon Brunet, ces JO ont déjà un goût de vraie victoire ! De quoi en revanche rendre moins amère pour les escrimeurs français après l’élimination sur faute en quart de finale d’un grand favori, Enzo Lefort, champion du monde 2019 et ce malgré des premiers matches enlevés.

Un coup de Cannone


JO de Tokyo


À la surprise générale, Romain Cannone remporte la première médaille d’or tricolore pour son incroyable performance sur les pistes à l’épée. En finale, il s’est payé le luxe de battre le favori, le Hongrois Gergely Siklosi 15 touches à 10.

Ce dimanche matin, les journalistes étaient étonnés du parcours de Romain Cannone. De fait, sans le retrait de dernière minute de Daniel Jérent, l’épéiste serait resté un simple remplaçant pour l’épreuve par équipe. Étonnant est aussi sa biographie car ce sportif de 24 ans a bourlingué sur bien des pistes avant de débarquer à Tokyo

Né en France, il en est vite parti : dès la maternelle, il était scolarisé au Brésil ! C’est à 9 ans, et à New York, qu’il découvre l’escrime après avoir suivi ses parents à New York où ils ont créé des boutiques de macarons. Après avoir fréquenté une université américaine, il est rentré en France pour poursuivre sa carrière d’escrimeur au club VGA St-Maur.

S’il avait été champion d’Europe junior par équipes en 2015, Romain Cannone n’était jamais jusqu’à ce jour monté sur un podium international individuel. Son meilleur résultat ? Une 7è place de la Coupe du monde de Vancouver en février 2019.

Alors qu’il est à la 47e place mondiale, Romain Cannone a stupéfie son monde ce dimanche en éliminant les meilleurs mondiaux et a fait montre d’un sens tactique et d’un esprit combattif étonnant, notamment dans la finale où ses attaques et ses ripostes ont déstabilisé Gergely Siklosi. Il est vrai, il a sorti quelques coups cachés. En un temps éclair, la fiche signalétique du sportif sur Wikipédia s’est sacrément étoffée… Au JO de Tokyo, Romain Cannone a fait le meilleur parcours des trois épéistes français engagés. Quelle classe !

Escrime : les incertitudes avant les JO


Sport de confrontation directe et rapide, l’escrime n’a connu qu’une seule compétition internationale depuis les début de la vague de la Covid 19. Dix-huit mois sans pouvoir vraiment se mesurer aux autres, cela laisse une bonne part d’incertitude aux JO de Tokyo (du 23 juillet au 8 août).

Depuis le début de la pandémie en mars 2020, les escrimeurs mondiaux ne se sont mesurés qu’une seule fois à Budapest, au sabre, à Karan, à l’épée, et à Doha au fleuret. Des compétitions qui se sont tenues quand même pour terminer la période de qualification olympique. Ce qui est peu pour des champions qui sont habitués à participer à une dizaine de compétitions internationales individuelles, lors des saisons classiques. Mais la Covid 19 a bouleversé la donne pour bien des athlètes !

Pour autant, et c’est bien le charme des jeux Olympiques, la compétition a souvent un étonnant lot de surprises. Ainsi, l’italien Alessio Foconi, numéro 1 mondial au fleuret, a chuté à Doha. Une chose est sûre : les seules rencontres internationales de l’année ont permis aux escrimeurs de se jauger. Enfin, un constat s’impose : le niveau mondial a augmenté et la concurrence sera rude, et ce d’autant plus que le niveau de certaines équipes – les Russes notamment – n’est pas bien connu.

On saura vite si les Français, qui se sont entraînés ensemble et ont subi une solide qualité d’opposition, ont les moyens de figurer dans les trios de tête aux JO… La pression sera forte donc, notamment sur Enzo Lefort, champion du monde en titre (2019) et l’équipe tricolore de fleuret (vice-championne du monde la même année). Enzo Lefort qui a déclaré : « L’essentiel, c’est de se recentrer sur soi et de ne pas se disperser. »

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