L’escrime à deux armes racontée avec passion


couverture-guide-pratique-escrime-artistique21772115009Après un premier volume consacré à l’escrime à une seule arme, Michel Palvadeau  publie L’Escrime à deux armes (*), un volume très complet pour évoquer une pratique riche . Dans cet opus, il apporte bien des informations aux bretteurs confirmés comme débutants.

Michel Palvadeau est un passionné d’escrime ancienne et un pratiquant de longue date. Il est aussi un maître qui aime transmettre loin des chapelles où d’aucuns aiment s’enfermer.  Il prouve cette ouverture d’esprit dans L’Escrime à deux mains, un fort volume -près de 500 pages- où, s’inspirant des riches heures de l’histoire du duel, il offre bien des pistes pour parfaire techniques et connaissances.

L’auteur connaît ses traités d’escrime sur le bout des doigts et le montre par des recoupements permanents avec les grands textes -français mais aussi italiens, entre autres- sur l’escrime pour dague et rapière. L’occasion pour le lecteur de découvrir de larges extraits -et des illustrations- de manuels de chevet, signés Capoferro, Cavalcabo ou encore Labat, La Boëssière, Lafaugère…

Ainsi, on s’aperçoit comment les Italiens ont tôt défini le temps et le mesure qui demeurent essentiels dans l’apprentissage de l’escrime dite moderne.  Cavalcabo écrit ainsi  au début du 17ème siècle : « La mesure s’entend quand on peut arriver à l’autre d’une estocade. Hors de mesure s’entendra quand l’un l’autre ne peuvent s’atteindre. »

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Un nouveau livre pour les bretteurs


Signé de Eugénio Roque, fondateur de l’Académie d’armes du Portugal, et enseignant dans plusieurs écoles d’acteurs, L’Escrime pour acteur est un volume riche en explications pour monter des scènes de duel. 

Parmi les livres sur les techniques de création de scènes de duel, celui d’Eugénio Roque mérite un peu de pub car ce maître d’armes, organisateur en août du championnat du monde d’escrime artistique au Portugal, a fait un joli travail de vulgarisation.  De fait, au gré de chapitres variés et précis, le maître Roque passe en revue tous les coups de main pour réussir aussi bien un estoc par moulinet qu’une belle passata di soto.

Les commentaires sont simples et précis, sans fioritures, avec, ici ou là, quelques références historiques. Et puis, il y a de très nombreux dessins qui rendent les explications très claires aussi bien pour les mouvements des bras que les positions des pieds. Dans la préface du volume, un autre expert du maniement d’armes, Maître Claude Carliez n’y va pas par quatre chemins et écrit : « Voici certainement un des meilleurs livres qui soit sur l’enseignement de l’escrime artistique ! »

En tout cas, c’est un volume que doit se procurer tout bretteur qui se respecte : il  y trouvera bien des pistes pour réaliser des actions belles et historiquement justes. Petit détail en prime : il est écrit en bilingue français/anglais…

Des mots face à la mort


Je viens de lire un petit livre, sorti il y a déjà quelques années, L’Adieu du samouraï (Editions Alternatives). Une découverte étrange des mots de ces guerriers à l’approche de la mort…

Les calligraphies de Keiko Yokoyama sont déjà une invitation à tourner les pages. Et puis, il y a ces vers, souvent déroutants pour des Occidentaux,   ces « jiseiku » ce qui signifie littéralement « quitter-ce-monde-poème. » Ces courts poèmes furent rédigés entre le XVème et le XVIème siècle par des samouraïs qui savaient leur fin prochaine. De ces époques troublées où les hommes vivaient entre batailles, alliances, trahisons, une vie des plus aventureuses.

On découvre avec étonnement ces vers qui sont souvent porteurs d’une belle sérénité et reflètent l’état d’esprit de ces guerriers, façonnés par une certaine idée de l’honneur. Ainsi ce texte signé de Date Masamune, mort en 1638 à 69 ans : « Sans nuage/ mon esprit disparaît avant la lune/ en éclairant ce monde d’illusion/ puis s’en va. » Ou encore, ce poème signé de Hosogawa Garasha, mort à 37 ans en 1600 :  « Même en connaissant bien l’instant/ où il faudra tomber, / au milieu de ce monde / une fleur reste une fleur/ un homme reste un homme. » Toute une philosophie de vivre et de mourir.

Une vie de Scaramouche


Par le cinéma, tout le monde a une idée de Scaramouche, plus ancien personnage de la comédie del arte. On peut découvrir le récit picaresque de son existence dans une réédition de La Vie de Scaramouche, du sieur Angelo Costantini (*).

Il a tout pour déplaire ce Scaramouche. Spadassin, hâbleur, séducteur, mécréant, grande gueule et bretteur,  l’homme connut pourtant une renommée considérable. Comédien favori de Louis XIV, il passa une trentaine d’années à la cour de France et on dit qu’il servit de modèle à un certain Molière.

Dans un récit picaresque, haut-en-couleurs et rythmé par de courtes séquences, Angelo Costantini, un de ses collègues comédiens dans la Troupe italienne sous le nom de Mezettin le fait revivre dans ces pages gouleyantes. Avec trois thèmes principaux : l’argent, les femmes et les plaisirs de la table. On y croise des religieux, des pirates, des bandits… et, au final, Scaramouche s’en tire toujours ave un à-propos stupéfiant. Bien sûr, il ne faut pas chercher ici la vérité historique mais le charme qui marqua les œuvres d’un Scarron. C’est déjà beaucoup…

(*) Ed. Typographies excessives

Un livre rare et sublime


Une rareté à découvrir:  Le Livre de l’escrime. Il  remonte au début du 16ème siècle. Et propose de très nombreuses scènes d’action avec des illustrations magnifiques.

Sa force? Etre composé essentiellement d’illustrations suivies d’un minimum de textes, soit 258 dessins sur 130 pages où on voit en majorité deux adversaires qui se font face en utilisant différentes armes d’estocade de l’époque : épée longue, épée courte et, bien sûr, dague. L’auteur ? On ne le connaît pas mais, d’évidence, son travail doit beaucoup à l’œuvre du célèbre Hans Talhoffer, grand instructeur d’escrime (1420-1490 environ) et auteur de plusieurs traités du maniement des armes. A découvrir sur le site de la Bibliothèque numérique mondiale.

Une mémoire pour l’escrime


Présenté en sous-titre comme « Un vagabondage à travers les auteurs avec quelques appréciations personnelles »,  Escrime est un précieux manuel pour découvrir les auteurs qui ont pris la plume pour évoquer ceux qui croisaient le fer du 15ème au 19ème siècle.

Au fil des pages, Alfred Goemaere prouve qu’il est bien un escrimeur-amateur, mais très éclairé. Il évoque aussi bien les classiques : Angelo comme Capo Ferro, La Boëssière comme Le Perche. Mais il évoque aussi des auteurs connus, aujourd’hui tombé dans l’oubli tel l’Anglais Valdin qui connut une grande réputation, et écrivit un traité qui a aujourd’hui disparu. Pour chaque auteur, il signe des commentaires de connaisseur,  expliquant les apports de chaque auteur et signalant parfois où l’on peut trouver le livre au début du siècle dernier, date de parution de son ouvrage. Une mine d’informations pour les amateurs et les bibliophiles avec la reproduction de quelques planches pour agrémenter une lecture des plus agréables.

Une gravure tiré du traité de Giacomo di Grassi (1570)