Un nouveau livre pour les bretteurs


Signé de Eugénio Roque, fondateur de l’Académie d’armes du Portugal, et enseignant dans plusieurs écoles d’acteurs, L’Escrime pour acteur est un volume riche en explications pour monter des scènes de duel. 

Parmi les livres sur les techniques de création de scènes de duel, celui d’Eugénio Roque mérite un peu de pub car ce maître d’armes, organisateur en août du championnat du monde d’escrime artistique au Portugal, a fait un joli travail de vulgarisation.  De fait, au gré de chapitres variés et précis, le maître Roque passe en revue tous les coups de main pour réussir aussi bien un estoc par moulinet qu’une belle passata di soto.

Les commentaires sont simples et précis, sans fioritures, avec, ici ou là, quelques références historiques. Et puis, il y a de très nombreux dessins qui rendent les explications très claires aussi bien pour les mouvements des bras que les positions des pieds. Dans la préface du volume, un autre expert du maniement d’armes, Maître Claude Carliez n’y va pas par quatre chemins et écrit : « Voici certainement un des meilleurs livres qui soit sur l’enseignement de l’escrime artistique ! »

En tout cas, c’est un volume que doit se procurer tout bretteur qui se respecte : il  y trouvera bien des pistes pour réaliser des actions belles et historiquement justes. Petit détail en prime : il est écrit en bilingue français/anglais…

Une épée d’or pour Maître Castanet


Le samedi 5 mai, Jacques Castanet, maître d’armes et célèbre antiquaire de l’escrime, a reçu l’Epée d’or décernée par l’Académie d’Armes de France. Un prix pour services rendus à l’escrime. L’occasion aussi de parler d’un certain Alexandre Dumas.

C’est la copie de la célèbre épée de Charlemagne que maître Castanet a reçu des mains de Claude Carliez, grand nom du cinéma et président de l’Académie d’Armes de France (photo à gauche). Une récompense qui avait été reçue avant lui un autre nom important pour les bretteurs : maître Jacques Lacaze. Dans son discours, Jacques Castanet a d’ailleurs rendu hommage à son prédécesseur : « Il faut quelqu’un de marquant dans ma carrière. Recevoir un tel prix à sa suite n’est donc pas dénué d’émotions pour moi. »

Ce prix fut l’occasion pour les invités de se retrouver à quelques kilomètres de Paris dans le « Château de Monte-Cristo », la demeure que fit construire en 1847 , sur les collines du Port-Marly, Alexandre Dumas. Un cadre splendide où  il écrivit bien des œuvres dans le pavillon gothique baptisé « le château d’If » et où l’on voit encore le bureau sur lequel l’auteur prolixe composa tant d’œuvres à succès. Jacques Castanet en a profité pour offrir à la bibliothèque du lieu un roman rare : Le Maître d’Armes et d’un exemplaire du Petit Journal Illustré, paru le 13 juillet 1902 pour le centenaire d’Alexandre Dumas.

L’occasion de remettre ses pas dans ceux du romancier et de découvrir un cadre qui l’inspira. Il a même écrit parlant de cette propriété : « J’ai ici une réduction du paradis terrestre ». Un rêve fou : quand Dumas décida de construire ici un château Lire la suite « Une épée d’or pour Maître Castanet »

Des mots face à la mort


Je viens de lire un petit livre, sorti il y a déjà quelques années, L’Adieu du samouraï (Editions Alternatives). Une découverte étrange des mots de ces guerriers à l’approche de la mort…

Les calligraphies de Keiko Yokoyama sont déjà une invitation à tourner les pages. Et puis, il y a ces vers, souvent déroutants pour des Occidentaux,   ces « jiseiku » ce qui signifie littéralement « quitter-ce-monde-poème. » Ces courts poèmes furent rédigés entre le XVème et le XVIème siècle par des samouraïs qui savaient leur fin prochaine. De ces époques troublées où les hommes vivaient entre batailles, alliances, trahisons, une vie des plus aventureuses.

On découvre avec étonnement ces vers qui sont souvent porteurs d’une belle sérénité et reflètent l’état d’esprit de ces guerriers, façonnés par une certaine idée de l’honneur. Ainsi ce texte signé de Date Masamune, mort en 1638 à 69 ans : « Sans nuage/ mon esprit disparaît avant la lune/ en éclairant ce monde d’illusion/ puis s’en va. » Ou encore, ce poème signé de Hosogawa Garasha, mort à 37 ans en 1600 :  « Même en connaissant bien l’instant/ où il faudra tomber, / au milieu de ce monde / une fleur reste une fleur/ un homme reste un homme. » Toute une philosophie de vivre et de mourir.

Quand les Anglais découvraient Paris et l’escrime…


C’est dans la salle d’Armes du Cercle national des Armées qu’une équipe de production anglaise est venue filmer une des séquences d’un documentaire pour Arte où l’escrime et son histoire seront à l’honneur.  Tournage.

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   Au 18ème siècle, les Anglais  venaient s’instruire à Paris. L’escrime faisait partie d’une éducation artistique essentielle à leur éducation de gentleman, tout comme la mode, la découverte d’un certain art culinaire… Autant de thèmes qui vont nourrir un documentaire tournée par une équipe anglaise pour une soirée thématique sur Arte.

Pour évoquer l’histoire de l’escrime, dominée à l’époque par l’école française, la présentatrice Lisa Hilton a revêtu le costume moderne et reçu la leçon d’un maître d’armes à l’ancienne, joué par François Cardinali, membre du club sportif du CNA et co-fondateur avec Laurence Sainseaux de l’association Les Lames de l’Estoc. Auparavant, Lisa Hilton a longuement interviewé Maître Jacques Castanet, également antiquaire de l’escrime réputé, sur les grandes heures de l’escrime hexagonale. Il a notamment raconté l’histoire de la création du masque par Maître Nicolas Texier de  la Boëssière vers 1775. Pour l’anecdote, ledit masque figure sur  gravure historique de l’assaut entre le chevalier d’Eon et le fameux Chevalier Saint George à Londres en 1787.  En toile de fond, Laurence Sainseaux et François Cardinali ont refait le fameux salut de Cour de Louis XIV, tel qu’il a été codifié par maître Claude Carliez, célèbre maître d’armes du cinéma français. Une histoire à retrouver fin juin sur Arte fin juin lors d’une soirée en forme de prélude aux jeux Olympiques de Londres.


Une vie de Scaramouche


Par le cinéma, tout le monde a une idée de Scaramouche, plus ancien personnage de la comédie del arte. On peut découvrir le récit picaresque de son existence dans une réédition de La Vie de Scaramouche, du sieur Angelo Costantini (*).

Il a tout pour déplaire ce Scaramouche. Spadassin, hâbleur, séducteur, mécréant, grande gueule et bretteur,  l’homme connut pourtant une renommée considérable. Comédien favori de Louis XIV, il passa une trentaine d’années à la cour de France et on dit qu’il servit de modèle à un certain Molière.

Dans un récit picaresque, haut-en-couleurs et rythmé par de courtes séquences, Angelo Costantini, un de ses collègues comédiens dans la Troupe italienne sous le nom de Mezettin le fait revivre dans ces pages gouleyantes. Avec trois thèmes principaux : l’argent, les femmes et les plaisirs de la table. On y croise des religieux, des pirates, des bandits… et, au final, Scaramouche s’en tire toujours ave un à-propos stupéfiant. Bien sûr, il ne faut pas chercher ici la vérité historique mais le charme qui marqua les œuvres d’un Scarron. C’est déjà beaucoup…

(*) Ed. Typographies excessives

Une mémoire pour l’escrime


Présenté en sous-titre comme « Un vagabondage à travers les auteurs avec quelques appréciations personnelles »,  Escrime est un précieux manuel pour découvrir les auteurs qui ont pris la plume pour évoquer ceux qui croisaient le fer du 15ème au 19ème siècle.

Au fil des pages, Alfred Goemaere prouve qu’il est bien un escrimeur-amateur, mais très éclairé. Il évoque aussi bien les classiques : Angelo comme Capo Ferro, La Boëssière comme Le Perche. Mais il évoque aussi des auteurs connus, aujourd’hui tombé dans l’oubli tel l’Anglais Valdin qui connut une grande réputation, et écrivit un traité qui a aujourd’hui disparu. Pour chaque auteur, il signe des commentaires de connaisseur,  expliquant les apports de chaque auteur et signalant parfois où l’on peut trouver le livre au début du siècle dernier, date de parution de son ouvrage. Une mine d’informations pour les amateurs et les bibliophiles avec la reproduction de quelques planches pour agrémenter une lecture des plus agréables.

Une gravure tiré du traité de Giacomo di Grassi (1570)

 

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